Le Musee virtuel de la Nouvelle-France et les programmes d'histoire en Ontario et au Quebec

McGill Journal of Education, Winter 2003 by Paquin, Maryse

En 1999, selon Statistique Canada (2000), environ 3,4 millions de canadiens utilisaient internet regulierement, soit environ 42% de tous les menages. En 2000, ces chiffres ont connu une hausse de 29% par rapport a l'annee precedente et, si la tendance se maintient, c'est autour de 50% des Canadiens qui accederont a l'autoroute electronique a partir de la maison d'ici la prochaine enquete, prevue pour 2003, soit un foyer sur deux. Cette croissance fulgurante depasse de loin toutes celles qui sont reliees a la consommation de services dans le domaine des telecommunications depuis les 10 dernieres annees car, pour arriver aux memes resultats, les Canadiens ont pris six a huit fois plus de temps pour se procurer un telephone cellulaire ou la television par satellite (Statistique Canada, 1999a).

En moins de 30 ans, internet est donc passe d'un interet essentiellement militaire a celui d'un marche visant a repondre a des besoins publics et prives. Les plus recentes donnees confirment qu'il n'y a presque plus d'ecart entre son utilisation a la maison et au travail. Actuellement, on estime que l'autoroute electronique est emprunte regulierement par l'equivalent d'une personne sur trois au Canada et d'une sur deux aux Etats-Unis. La proportion d'utilisateurs ne cesse d'augmenter, et ce, malgre le fait que 700 000 Canadiens se soient debranches depuis 2000 (Statistique Canada, 2002). Toutefois, la hausse est particulierement notable chez les jeunes se situant dans la tranche d'age des 15-25 ans.

A l'instar de la situation qui prevaut dans les foyers et sur le marche du travail, la majorite des ecoles et des musees canadiens sont presentement raccordes a internet (Statistique Canada, 1999b). Pour l'ecole, l'autoroute electronique se revele particulierement utile a des fins d'apprentissage et d'enseignement des matieres scolaires, notamment des Sciences humaines et sociales a l'elementaire, et de l'Histoire au secondaire. Quant au musee, selon Brochu et al. (1999, p. 30), "Un site web peut cumuler quatre fonctions, combinees ou non, a des fins de promotion et d'information, de banque de donnees, d'exposition virtuelle ou de lieu d'echange". A cet effet, naviguer dans un site web de musee pour en apprendre davantage au sujet des expositions, des objets de leurs collections ou des donnees scientifiques se rapportant a ces objets, semble une activite tres prisee par les eleves. Deja, selon les resultats d'une etude menee par Dyrli et Kinnaman (1996), visiter les sites web des musees et des centres de sciences representait la troisieme activite d'apprentissage la plus populaire chez les eleves d'ecoles elementaires et secondaires dans plus d'une vingtaine d'etats americains. Les deux premieres consistaient, dans l'ordre, a faire des echanges culturels avec d'autres eleves a travers le monde et a concevoir des pages web qui permettaient de publier des projets scolaires. D'apres les plus recents resultats d'une enquete nationale menee par Ipsos Reid (2002), portant sur l'integration de la technologie en education, ce type d'activites est toujours aussi populaire chez les ecoliers canadiens.

Internet dans les ecoles

Par ailleurs, selon l'enquete sur l'informatique en classe, realisee par Statistique Canada (1999b), l'engouement des eleves pour internet connait une croissance sans precedent. Cet engouement se fait sentir non seulement pour l'utilisation de sites web destines a l'information, soit ceux dedies aux divertissements et aux loisirs, mais egalement pour les sites destines a la formation et a la recherche en lien avec les matieres scolaires. Selon Land (1997), les sciences de la nature, l'histoire et la geographie comptent parmi celles qui se pretent le mieux a l'utilisation d'internet par les eleves. A ce sujet, le web compte bon nombre de sites s'interessant a la promotion des valeurs environnementales et patrimoniales, dont les donnees s'averent fiables et peuvent etre mises a profit lors de la realisation de travaux scolaires (Hawkey, 1999; Jacobs, 1996).

Sites web de musees et musees virtuels

Selon Lebrun (1999), la puissance des sites web de musees reside dans le fait qu'ils permettent d'etablir un premier contact entre l'eleve et les artefacts ou les oeuvres d'art. En plus d'y retrouver des informations factuelles utiles, de tels sites servent a faire la promotion de leurs services et de leurs programmes, notamment de ceux qui s'adressent au milieu scolaire. Les musees, en se raccordant a internet, ont litteralement cree un nouveau phenomene de societe mieux connu sous le vocable de "musee virtuel".

Bien qu'il soit une expression relativement recente dans la litterature, le musee virtuel prend differentes formes. La principale concerne les sites web de musees qui ouvrent une fenetre sur leurs collections existantes. Ces objets sont generalement presentes sous forme d'images numerisees en deux dimensions, ou meme en trois, par la technologie nommee Virtual Reality Modeling Language (VRML). Loin d'etre en competition avec le veritable lieu museal, le musee virtuel se revele meme comme etant tres complementaire en incitant le public a venir reellement le visiter. Par exemple, les objets museaux les plus en demande par le public qui visite le Musee Smithsonian aux Etats-Unis, se trouvent actuellement exposes sur son site web (Kraus, 1999). A cette exposition virtuelle d'objets reels peut egalement s'ajouter une visite virtuelle des salles du musee, par une presentation panoramique des lieux. Plus recemment, nous assistons meme a une forme inedite d'utilisation de quelques sites web de musees americains, soit une visite personnalisee par la creation de son propre itineraire virtuel (Adams et al., 2001).

 

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